04/11/2009 11:19
Toyota quitte la F1, délaissée par les Japonais
Ils préfèrent les technologies vertes...
Après l'écurie Honda et le fabricant de
pneumatiques Bridgestone, le constructeur automobile Toyota quitte à son tour
la Formule 1, victime d'une désaffection des industriels japonais pressés
d'investir dans les technologies vertes.
"Au vu des conditions économiques actuelles, nous avons décidé de nous
retirer", a annoncé mercredi le président du groupe Akio Toyoda.
En proie à la baisse de ses ventes sur fond de récession planétaire, le
premier constructeur mondial comprime ses dépenses, après avoir réduit ses
effectifs sous contrat temporaire et fait tourner ses usines au ralenti au
plus fort de la crise.
Toyota a subi les toutes premières pertes de son histoire durant l'exercice
budgétaire 2008-2009, clos fin mars, et prévoit de rester dans le rouge cette
année.
Le PDG s'est excusé "du fond du coeur auprès des supporters". Débutant en
F1 en 2002, l'écurie a conquis 13 podiums en huit saisons et terminé à la
cinquième place du classement des constructeurs lors du championnat 2009, qui
s'est achevé dimanche à Abou Dhabi.
Toyota a ajouté n'avoir pris aucune décision sur la vente éventuelle de son
écurie à une autre firme, assurant simplement qu'il ferait "de son mieux pour
trouver une solution" pour les employés de l'équipe.
Le géant nippon avait déjà annoncé en juillet qu'il renonçait à héberger le
Grand Prix de F1 du Japon à partir de 2010 sur son circuit du Mont-Fuji,
également pour des raisons budgétaires.
Il vient en outre de mettre fin à sa collaboration avec l'écurie
britannique Williams - à laquelle il fournissait des moteurs depuis 2007 -
d'un commun accord selon les deux équipes.
"Nous nous retirons complètement de la Formule 1", a souligné M. Toyoda,
écartant l'idée que le groupe puisse rester dans la compétition en tant que
motoriste.
Mamoru Kato, un spécialiste de l'industrie automobile au centre de
recherche Tokai Tokyo, a jugé cette décision "appropriée mais tardive".
"Arrêter les activités coûteuses qui ne sont pas dans le coeur de métier est
une tendance lourde dans le secteur", a-t-il expliqué.
Toyota emboîte le pas à son concurrent Honda, qui a vendu l'an passé son
activité F1 à son ancien directeur d'écurie Ross Brawn, dont l'équipe est
devenue championne du monde cette saison. Un autre manufacturier japonais, le
fournisseur unique de pneus de la F1 Bridgestone, vient également d'annoncer
son retrait de la discipline à l'issue de l'année prochaine.
Invoquée à chaque fois par les constructeurs nippons, la crise économique
pourrait toutefois ne pas être la seule raison de ces retraits. Les
consommateurs veulent aujourd'hui des voitures sûres et économes, non plus des
bolides, et les industriels ont peut-être moins besoin de la vitrine F1 pour
les allécher.
"Comme les autres fabricants automobiles, Toyota est appelée à concentrer
son investissement sur les technologies vertes. Il est donc logique que le
groupe ait pris cette décision", a estimé M. Kato.
Selon lui, "Toyota s'était lancée dans la F1 pour améliorer son image en
Europe et y doper ses ventes, mais l'impact semble avoir été moindre
qu'espéré".
L'abandon du premier constructeur mondial fait suite à une myriade de
défections nippones dans d'autres sports mécaniques.
Outre la F1, Honda ne participe plus aux Huit heures de Suzuka au Japon en
moto et Kawasaki a arrêté le MotoGP, l'épreuve reine de vitesse à laquelle
elle participait depuis 17 ans.
Le constructeur automobile Mitsubishi s'est retiré pour sa part du
rallye-raid, notamment du Dakar gagné 12 fois, et ses rivaux Suzuki et Subaru
ont cessé de participer au championnat du monde des rallyes.
D'après AFP
